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יעקב בן רפאל חיים יצחק ואסתר אוזן ז''ל
מיכאל יצחק בן יעקב וחוה אוולין אוזן ז''ל

les cours du

Daf Hayomi de Rav Beressi

Les cours du Daf Hayomi « Méorot Hachass » que nous vous présentons sur ce site ont été enregistrés par Méorot Hadaf Hayomi, à l’occasion du 12ème cycle d’étude du Daf Hayomi, entre les années 5765 et 5772 (2005-2012). Présentés de manière claire et agréable par le Rav Binyamin Beressi, ils sont accessibles à tous, ils vous ouvriront les portes du Talmud et vous donneront le goût de l’étude.

L’objectif de ses cours était de mettre l’accent sur l’accessibilité de la Guémara : permettre aux participants de dépasser rapidement l’obstacle de la langue et la terminologie en leur proposant d’emblée une traduction précise et proche du texte. Ils sont essentiellement focalisés sur le Pchat (approche simple du texte), notamment à l’aide d’introductions et de résumés permettant d’obtenir une bonne vue d’ensemble du développement. 

l'histoire du

Daf Hayomi

C’est le 9 Elloul 5683 (21 Août 1923), que le Rav Méïr Shapira zatsal, propose au grand congrès de l’Agoudat Israël à Vienne, le projet du Daf Hayomi ! Ce projet exceptionnel va débuter trois semaines plus tard, le jour de Roch Hachana de l’année 5684.

Voici quelques extraits de son intervention : « Que tous les Bné Israël étudient le même jour (chacun là où il réside), la même page de Talmud, y a-t-il plus grande expression que celle-ci, pour montrer l’unité spirituelle et éternelle entre Hakadoch Baroukh Hou, la Torah et le peuple d’Israël ? Ne serait-ce pas extraordinaire que de voir un juif voyageant en bateau porter sa guémara Bérakhot, sous le bras. Ce juif qui voyagerait pendant deux semaines, d’Eretz Israël vers l’Amérique, chaque jour avant la tombée de la nuit, va ouvrir sa Guémara pour étudier son daf. En arrivant, il entre, à New York, dans une synagogue et trouve, à sa grande surprise, d’autres juifs en train d’étudier le même daf, celui-là même qu’il a, lui aussi, étudié ce jour-là. Il s’associe alors aux étudiants, pose ses questions et écoute leurs réponses. O combien le Nom de D… est alors glorifié !
Un juif d’Amérique qui se rend au Sud au Brésil ou en Asie au Japon, la première des choses sera pour lui de se rendre au Beth Hamidrach. Il y trouvera tout le monde occupé à l’étude du même daf ! N’est-ce pas le meilleur moyen pour l’unité des cœurs ? De plus, il est des traités du Talmud que peu de gens ont étudiés et qui sont malheureusement comme « orphelins » ; seuls certains Talmidés ‘hakhamim, particulièrement érudits, ont eu le privilège de les aborder. Grâce au daf hayomi ceci sera réparé. Toutefois, c’est aux jeunes, qui sont l’avenir de notre peuple, que revient l’honneur de commencer. »

Au jour de Roch Hachana qui suivit cette invitation, ce jour du grand commencement, beaucoup hésitaient encore et s’interrogeaient perplexes. Mais après la prière du soir, le Rabbi de Gour dit alors à ses Hassidim : « Je vais étudier le daf de guémara du jour ! » Alors tous ses disciples présents se précipitèrent, à son exemple pour chercher une Guémara Bérakhot.

Rabbi Méïr Shapira raconta qu’après ce Roch Hachana, il reçut une lettre de sa sœur unique qui habitait un village éloigné, qui lui déclara : « cette nuit de Roch Hachana, j’ai rêvé de toi mon cher frère. Tu étais au ciel avec beaucoup de Tsadikim, d’une apparence exceptionnelle, et tu étais toi, mon frère, au milieu d’eux, ton visage éclairait comme le soleil en pleine journée. Tout le monde te souriait et te remerciait et se montrait particulièrement joyeux. Fais-moi savoir mon frère la signification de ce rêve ! »

Le jour où il proposa son idée au congrès de l’Agoudat Israël, Rav Méïr Shapira craignait que vu son jeune âge, son idée ne soit peut-être pas acceptée avec enthousiasme. Il demanda au ‘Hafetz ‘Haïm qui était aussi présent de proposer à sa place le projet. Le ‘Hafetz ‘Haïm refusa, et lui dit que c’était à lui de le faire ; toutefois il lui conseilla de ne rentrer dans la salle que vingt minutes après le début du congrès. Rabbi Méïr ne comprit pas alors la raison du ‘Hafetz ‘Haïm. Mais lorsque vingt minutes après le début, il pénétra dans la salle, tous les grands de la génération étaient déjà, assis à leur place, sur une grande estrade. A son entrée, de sa démarche majestueuse, le ‘Hafetz ‘Haïm se leva et resta debout en son honneur, suivi du Rav Haïm Ozer Grodzinski, du Rabbi de Gour, du Rabbi de Tchortkov et de tous les grands de la Torah qui étaient présents, tous debout pour l’accueillir. Aussi, lorsque Rabbi Méïr prit la parole, dans un silence exceptionnel, il bénéficia d’une écoute particulière. Il comprit alors l’intention du ‘Hafetz ‘Haïm.

EXPLICATIONS

Rav Méïr Shapira zatsal

Le Rav (Yéhouda) Méïr Shapira zatsal est né le 2 Adar 5647 (1887) à Shatz (Roumanie). Dès son jeune âge, il se fait remarquer par son intelligence et son assiduité. On le surnomma : « le Ïlouy » (le génie) de Shatz ! A l’âge de 23 ans, il est nommé au poste de Rav de la ville Galina en Galicie, puis des villes de Sanik et de Piéterkov, pour devenir ensuite le Rav de la prestigieuse ville de Lublin. Il est aussi membre du parlement polonais, représentant l’Agoudat Israël de 1922 à 1927. C’est à Piéterkov en 1924 qu’il imprime son livre de Résponsa : « Or Hameïr ».

Le 9 Elloul 5683, 21 Août 1923 il proposera au grand congrès de l’Agoudat Israël à Vienne, le projet du Daf Hayomi, qui commencera trois semaines plus tard, le jour de Roch Hachana de l’année 5684.
Il entreprit ensuite de construire une grande Yéchiva, la fameuse « Yéchivat ‘Hakhmé Loublin » où les élèves trouveront sous le même toit, dans un bâtiment de six étages, en plus du Beth Hamidrach, une salle à manger et un dortoir, ce qui était à l’époque une grande innovation. Jusque-là, les élèves des Yéchivot dormaient sur les bancs et prenaient leurs repas chez les habitants de la ville. Le Rav Shapira voyait dans cette Yéchiva : « l’honneur de la Torah » ! Elle fut inaugurée le 24-25 Juin 1930, 28 Sivan 5690, en présence de près de 20.000 personnes venues de toute la Pologne et des pays voisins.

En 1932 il se prépare à monter en Eretz Israël, et pour ce faire, il va étudier, de manière approfondie, les lois des mitsvot, dépendantes de la terre d’Israël, avec les meilleurs de ses élèves. Le jour de Simhat Torah de l’année 1933, il dit à ses élèves que le Pessah prochain, il le fêterait en Eretz Israël, dans la ville de Tsfat, où il prévoyait de s’installer, dès son arrivée.
Il décéda prématurément, terrassé par le Typhus, à l’âge de 46 ans, le 7 Héchvan 5694 (1933). Le cimetière où il fut enterré fut détruit par les nazis, vers la fin de la deuxième guerre mondiale, mais sa tombe resta intacte. Il fut exhumé en 1958, le 26 Elloul 5718, pour être enterré à Jérusalem au Har Haménou’hot. Il n’a pas laissé d’enfant, mais comme il l’avait confié à son élève le Rav Chmouël Wozner zatsal, il considérait la Yéchiva et le Daf Hayomi comme ses deux enfants.

EXPLICATIONS

LE TALMUD Babli

Le Talmud Babli est l’œuvre qui regroupe les enseignements de la Torah orale. Il est aussi appelé Shass Guemara (abréviation de Shicha Sidré Michna), bien que sur les 60 masséktot de la Michna, il ne compte que 36 massekhtot de Guémara, qui en sont l’explication et desquelles découle la Halakha, (Rachi Bérakhot 5, a). Il forme avec la Torah écrite, « la Torah d’Israël ».

Ce Talmud regroupe tous les enseignements des Amoraïm (Sages de l’époque qui suit celle des Sages de la Michna, les Tanaïm,) de Babel et d’Eretz Israël, sur une période de dix générations. Depuis Rav et Chmouël qui furent parmi les premiers Amoraïm (et qui décédèrent en 4007 et 4013), jusque Rav Achi qui entreprit sa rédaction en 4186. Après son décès en 4187 (427) ses élèves terminèrent l’écriture du Talmud, laquelle fut achevée à la mort de Ravina (le deuxième) en 4260 (500), et avec elle, la période des Amoraïm.

Rav Achi fut nommé Rosh Yéchiva à Babel. Autour de sa personne, se créa un centre d’Etude où se réunissaient tous les grands de la génération. Sa Yéchiva comptait près de deux cents élèves. Deux fois par an, aux mois de Elloul et de Adar, s’organisait le Yar’hé kala, auquel participaient tous les Sages de Babel. Pendant soixante ans Rav Achi, et les autres Amoraïm ont écrit le Talmud. Ils étudiaient deux masséktot par an. Après trente ans, ils reprirent une deuxième fois l’étude du Shass. Rav Achi fut très méticuleux sur les enseignements rapportés, afin qu’ils soient retranscrits avec précision, et au nom de celui qui les avait enseignés. On retrouve dans la Guémara (‘Houlin 98, a) un enseignement qui fut rapporté de bouche à oreille par sept Amoraïm, chacun étant l’élève de l’autre : tous sont cités. Il rapporta aussi certains détails comme le lieu où le contexte dans lequel ils furent exprimés. Il prenait conseil auprès du Grand tribunal de l’époque et même s’il était, lui personnellement, d’un avis différent, c’est la décision du Tribunal qui était toujours retenue.

Le Talmud fut imprimé, au départ, en Espagne et au Portugal, à partir des années 5242 (1482) avec treize massekhtot, jusqu’à l’expulsion des juifs dix ans plus tard. Ce n’est qu’en 1522 que le Talmud fut imprimé dans sa totalité à Venise, enrichi des explications de Rachi et des remarques des Tossafot. En 1886 fut imprimé à Vilna, le Shass en 20 volumes, et c’est cette édition qui fut reprise jusqu’à ce jour.

La Halakha a été fixée en fonction du Talmud Babli et non pas du Talmud Yérouchalmi, parce que le Babli lui est postérieur, et aussi parce que le Yérouchalmi fut écrit sous les persécutions et des décrets difficiles, alors qu’à Babel, les juifs vécurent une époque de calme et d’autonomie juridique (jusqu’au décès de Rav Ashi), ce qui leur permit d’approfondir la Halakha en toute sérénité. C’est pour cette raison aussi que le Talmud Babli est aujourd’hui prioritaire dans l’étude de la Guémara. Il compte 36 massekhtot (sur les 60 de la michna) ; le Yérouchalmi en compte 39. On ne trouve pas de Babli sur les lois de Zéraïm, liées à la terre d’Israël, alors que le Yérouchalmi compte toutes les massektot de Zéraïm. Par contre sur les sacrifices, Kodachim, nous n’avons que le Babli.

Le Talmud fut imprimé, au départ, en Espagne et au Portugal, à partir des années 5242 (1482) avec treize massekhtot, jusqu’à l’expulsion des juifs dix ans plus tard. Ce n’est qu’en 1522 que le Talmud fut imprimé dans sa totalité à Venise, enrichi des explications de Rachi et des remarques des Tossafot. En 1886 fut imprimé à Vilna, le Shass en 20 volumes, et c’est cette édition qui fut reprise jusqu’à ce jour.

Inspiré de: Mévo hatalmud; Encyclopédie Lébeth Israël, Rav Halperin ; Maasaf history dirshu 2012.

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